Nature en moi

J’ai besoin de marcher, de revenir à moi, de retrouver ma paix, mon intériorité.

Demain je vais en nature, aujourd’hui je vais à la déchetterie disposer du non-utile. Je fais de la place, de l’espace.

Au retour, dans les ruelles du quartier, les maisonnettes sont silencieuses. Tout est silencieux. Je marche en changeant de route, ça me permet d’être là, avec moi-même. Peut-être en me perdant me trouverais-je vraiment.

Au détour d’un virage, un parc. Vieux, amère, triste. Personne sur les bancs de pierre, pas une fleur pour égayer l’endroit. Je passe, me laissant submerger par la mélancolie et la tristesse pour ces arbres, pour cette nature qui ne semble pas en être une, sinon forcée, obligée, ligotée. Et puis je m’arrête. C’est plus fort que moi. Je regarde les couleurs de l’automne, l’or, le marron, le vert dans les feuillages. Et le vent bruisse légèrement les feuilles.

Merci de nous voir. 

Mon coeur s’alourdit encore et en même temps s’éveille. Pas de pitié, mais de la compassion. Je pose lumière et amour.

Le vent se fait différent, la musique change. J’écoute.

Une voiture passe mais je la perçois à peine. C’est une auto-école.

Entend. Reçoit. Toi aussi apprends.

Elle s’éloigne doucement et le vent s’étiole, le concert s’achève.

Merci.

Je tourne la tête pour repartir, et un olivier, les branches pleines de fruits me sourit :

Que la paix soit avec toi.

Merci.

J’avance et mes pieds demandent à sortir de leurs carcans. Ici, là, maintenant. Sur le trottoir, au milieu des maisons. Je ne réfléchis pas vraiment, enlève mes baskets et avance. Et là un autre olivier. Un clin d’oeil entre nous. Oui ça fait du bien même si le trottoir est goudronné. Le sol est chaud, pourtant il est encore tôt.

Je rigole avec moi-même et surtout avec les jardins, le soleil et les arbrisseaux cachés derrière les murs. Personne ne me voit vraiment.

Ma vision semble s’accroitre, être plus perçante. Les couleurs plus vives et les beautés plus grandes.

Et puis il faut remettre les chaussures. Je n’en est pas envie mais l’impression se fait profonde. Je rechigne et lève la tête. Une paire de vielle botte décore le jardin d’un lutin sculpté. Ok, j’ai compris.

Trois pas à peine, la ruelle est en travaux. Le ciment blanc voltige comme voulant éviter les branches du vieux chêne. Il préfère le trottoir et mes pieds en auraient souffert.

Merci.

J’avance encore mais je m’engouffre dans mes pensées. Hier, aujourd’hui, demain. Travail, famille, amis…je m’étourdis toute seule. Mais pourquoi suis-là au fait ? pour me recentrer. Oui en effet. J’inspire, expire et lève la tête « rue de la Sérénité ». Je souris toute seule. Les quelques badauds ne me voient pas mais je sais que l’on me voit.

J’avance encore. Je sais que je suis presque arrivée à la ‘civilisation’ même si je ne l’ai jamais vraiment quitté. Soudain, le vent à nouveau, traverse les feuillages. Une pluie d’or tombe devant moi. Les feuilles sont un tapis de bienvenue, comme lors de l’entrée de l’aimée.

Je sais que le calme s’éteint. C’est la fin. Déjà les gens marchent autour de moi, rient, crient, courrent et se bousculent. Les voitures passent et repassent. Je n’entends plus le Monde.

A quelques mètres de la maison, je réalise que je n’ai pas besoin de forêt pour entendre et ressentir, la Mère Nature, le Monde ou l’Univers. Nous ne sommes qu’un, elle est là où je suis et je suis là où elle est. Il me suffit de m’ouvrir à elle, laisser vivre ma magie.

Je lève les yeux et l’affichage de la pharmacie m’offre un gros coeur vert.

Non, merci à toi. J’ai beaucoup appris sur moi.

Emilie

Pour recevoir mes feuilles de temps à autre, c’est là : http://eepurl.com/c8sME5

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