Devenir moi (partie 1)

We have to dare to be ourselves, however frightening or strange that self may prove to be.

~ May Sarton ~

Le plus dur en tant que personne -et certains vous diront encore plus en tant que femme, perso je pense que c’est pareil pour tous- c’est de trouver qui l’on est réellement à l’intérieur. Ensuite, il s’agit de répondre à cet appel…ou pas. De prendre la décision que l’on pense la meilleure pour soit.

Parfois, cet appel prend une forme douce, chaude, comme s’il avait toujours été là. Comme cet enfant qui veut aider les autres et qui devient médecin, pompier ou magnétiseur finalement. Peu importe la voie, elle reste celle qui aide les autres. Il prend son chemin comme s’il le voyait.

Et puis d’autres fois, la société, nos croyances, nos besoins primaires non-satisfaits, nous pousse vers une autre voie, un autre chemin que l’on croit être celui qui nous satisfera le plus.

On donne notre force, notre amour, notre bienveillance à l’argent, au travail, au pouvoir qui contrôle les autres, ou à l’autre (parents, enfants, conjoints, partenaires) et on s’oublie. On s’oublie dans ce qu’on croit être le plus important.

Et puis à un moment on se réveille et on se demande exactement ce que l’on veut satisfaire. Pourquoi est-ce que je veux faire ça ? pourquoi je veux gagner autant d’argent ? pourquoi je ne suis pas heureuse si c’est ce que j’ai toujours voulu faire ?

Les médias nous appellent souvent la génération  « Y » ‘y’ se prononce ‘why’ en anglais qui signifie ‘pourquoi’. Peut-être que comme les enfants que nous n’avons jamais cessé d’être, nous continuons à nous poser des questions. Peut-être que se sont les questions que nous n’aurions jamais dû cesser de nous poser. 

Par exemple, que renferme ce besoin d’argent ? parfois la crainte de ne manquer de nourriture, de toit ou de confort, d’autre fois, pouvoir offrir des cadeaux est la façon de montrer son affection, d’autre encore, une façon d’exercer un pouvoir que l’on nous a pris… Chaque personne a ses raisons et elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles font simplement partis de la réalité que vit chaque individu. Elles font partis de notre réalité. C’est ce verre que l’on voit à moitié vide ou à moitié plein et qui, au final, est toujours le même verre avec la même quantité d’eau. 

Devenir moi

Mon réveil à moi à été confus et un peu surprenant (mais c’est pour la partie 2). Comme certains on un coup de foudre, moi j’ai reçu un coup de semonce où en me regardant dans le miroir, je ne me suis plus reconnue. Je n’étais plus cette jeune femme joyeuse, gaie, rêveuse, pleine d’énergie et d’idées étranges et fantastiques. Je n’étais que l’ombre de moi-même, incapable de comprendre comment j’en étais arrivée là. J’étais loin d’être dans la nécessité ou totalement accablée par le financier ou le relationnel, j’avais des amis, un petit ami, une famille, un toit. Comparé à beaucoup d’autres gens, j’étais dans ‘la moyenne haute’. Mais je m’étais toujours comparée aux autres et qu’est-ce que cela m’avait apporté ? d’être vide à l’intérieur. De ne plus ressentir ni joie, ni tristesse, ni amour, ni haine. Etre un verre vide. C’est là que le mot qui fait peur est apparu, celui avec le grand D…Dépression.

dépression

J’avais 30 ans, au chômage de longue durée et en dépression.

Et c’est à ce moment que tout à basculé. Quelque chose de plus grand que mon mental (parce que lui aimait ce confort et avait peur d’aller au delà) a crié :

– C’est fini !! ». 

– Fini ? comment ça fini ? Je veux pas mourir moi ! j’ai répondu (oui je me parle à moi-même)

Mais tu es déjà morte à l’intérieur. 

La révélation a été violente et en écrivant, j’ai encore de la peine pour celle que j’étais et qui s’est laissée mourir à petit feu. J’avais touché le fond sans aucun indice ou repère extérieur : je ne buvais pas, je ne me droguais pas, je ne me laissais pas mourir de faim.

– Ma belle, tu n’as plus d’autre choix que de devenir ce que tu n’as jamais été, de choisir le chemin que tu te traces, celui qui répond à ton appel, celui qui te satisfait profondément et entièrement, parce que tu ne peux plus être celle que tu as été. Tu ne peux plus gaspiller cette vie que l’on t’as donné. Tu es là pour une raison, alors trouve-là et nourrit-toi d’elle. 

J’avais tellement peur d’être moi-même, d’être la femme forte, belle, indépendante, pleine de compassion et débordante d’amour qui se cachait en moi. J’avais peur d’avoir tort, de prendre le mauvais chemin, j’avais peur de quitter cette vie confortable que je traversais sans but ni repère. J’avais peur de mes propres rêves.

Mais plus encore, j’avais peur de mourir comme ça, de ne jamais voir mon vrai potentiel. 

Ca a été une véritable prise de conscience et j’ai aussi crié « c’est fini ! ». J’ai lâcher la prise sur toute mes peurs, mes croyances, mes regrets, mes remords, mes attentes et celles des autres. Ca n’a pas été facile.

J’ai décidé de marcher sur ce chemin inconnu, de sortir de mon confort, de cette ombre qui me cache si bien. J’ai décidé de laisser flamboyer cette lumière, cette chaleur et cette force.

J’ai décidé de répondre à mon appel et d’être moi. 

You can cut all the flowers but you cannot keep Spring from coming

~ Pablo Neruda ~

Emilie

1 réflexion sur “Devenir moi (partie 1)”

  1. Ping : Devenir moi (partie 2) - A L’Ombre du Séquoia

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pour assurer une meilleure navigation, ce site utilise des cookies.

%d blogueurs aiment cette page :